20/05/2016

DVD Peter Gidal "Condition of Illusion"


Peter Gidal's "Condition of Illusion" DVD comprises 11 films made between 1969 and 2013 in a special design edition that brings together 175 minutes of newly restored film scans from the 16mm originals and 20-page transparent book with articles by Patricia L. Boyd, Stephen Heath and Chris Kennedy. The DVD is available in English and French. AVAILABLE HERE.




“... the film attempts to deal with those questions of representation that persist as problematic, for me; for the basic questions of aesthetics: what it is to view, how to view the unknown?, as to me the known is not possibly a viewing.” (Peter Gidal)

"Gidal doesn’t so much produce films as make interventions into filmmaking. The films on this DVD, which span some forty-years of filmmaking, can thus be seen as a challenge to the coherence of the overall system of signification in both dominant cinema and moving images more generally." (Patricia L. Boyd)

One of the foremost experimental filmmakers since the late 1960s, Peter Gidal received in 2015 the L’Age d’or prize at the Brussels Cinematek for his film not far at all, as well as the Ljubljana International Biennial Lifetime Achievement Award. His book Flare Out: Aesthetics 1966-2016 has just been published by The Visible Press. He was a central figure at the London Filmmakers Co-op in the 1960s and 1970s, and taught advanced film theory at the Royal College of Art, London from 1971 to 1984. His books include Andy Warhol: Films and Paintings (Studio Vista/Dutton, 1971), Understanding Beckett: Monologue and Gesture (Macmillan/Palgrave,1986), Materialist Film (Routledge, 1989/2014), and Gerhard Richter in the 1990s: The Polemics of Paint (d’Offay, 1996).


Le nouveau DVD de Peter Gidal "Condition of Illusion" réuni 11 films réalisés entre 1969 et 2013, d'après les copies originales 16mm restaurées en haute definition dans une édition spéciale qui contient un livre transparente sur une collection d'articles inédites de Patricial L. Boyd, Stephen Heath et Chris Kennedy. Le DVD est disponible dans un double édition : français et anglais. DISPONIBLE ICI.

« ... le film tente de traiter ces questions de représentation qui restent problématiques pour moi, pour les questions essentielles de l’esthétique : Qu’est-ce que voir ? Si voir le connu ne saurait être voir, comment voir l’inconnu ? » (Peter Gidal)

« Plus que produire des films, Peter Gidal effectue des interventions dans la pratique du cinéma. Les films de ce DVD, qui recouvrent quelque quarante ans de pratique cinématographique, peuvent-ils être vus comme un défi à la cohérence du système global de signification, à la fois dans le cinéma dominant et, plus généralement, dans l’image animée.  » (Patricia L. Boyd)

Classé parmi les cinéastes expérimentaux les plus importants depuis la fin des années 1960, Peter Gidal a reçu le prix L’Age d’Or de la Cinematek de Bruxelles pour son dernier film not far at all en 2015, ainsi que le prix Lifetime Achievement de la Biennale Internationale de Ljubljana pour l’ensemble de son oeuvre. Son livre Flare Out: Aesthetics 1966-2016 vient d’être publié par The Visible Press. Il fut une figure centrale de la coopérative London Filmmakers Co-op pendant les années 1960 et 1970, et a enseigné la théorie du cinéma au Royal College of Art de Londres entre 1971 et 1984. Il a notamment écrit Andy Warhol: Films and Paintings (Studio Vista/Dutton, 1971), Understanding Beckett: Monologue and Gesture (Macmillan/Palgrave,1986), Materialist Film (Routledge, 1989/2014), et Gerhard Richter in the 1990s: The Polemics of Paint (d’Offay, 1996).

 


19/04/2016

Le Revers de l'image - exposition objets audiovisuels - Joris Guibert

Les éditions Re:voir (catalogue de cinéma expérimental) accueillent le vidéaste Joris Guibert.
Une exposition qui sonde le corps de l’image photosensible (celluloïd et électronique) et sa mutation numérique.


Re:voir/ The Film Gallery
22 avril – 25 mai 2016
43 Rue du Faubourg Saint-Martin, 75010 Paris

VERNISSAGE
VENDREDI 22 AVRIL, 19h
PERFORMANCES AUDIO-VIDEO :
  • Marc Plas : projection
  • Emmanuel Ferrand : vieux media
  • Nathalie Forget & Alex A : ondes Martenot & clarinette basse
  • Entartete Electronische (rybn.org) : µUHF
  • Celio Paillard (bruit de fond)
  • LSDroom (improvisation vidéo)
  • Joris Guibert : matières électriques
The Window Laboratoire artistique en milieu urbain
1 rue Gustave Goublier, 75010 Paris 

« Cette exposition ausculte le corps de l’image, et la question du regard.

Les réplications et migrations des images, les mutations et multiplications des supports, l’évaporation du numérique, obligent à repenser nos expériences de regards. Les œuvres explorent toutes ici les matières malléables des différents media (vidéo, papier, celluloïd) et les phénomènes des machines. Installations et projections construisent un dispositif total qui investit l’espace et fait entrer en résonance les manifestations des appareillages.

Interroger le rapport à l’image, la relation aux technologies, la foi dans le visible et dans les techniques de visibilité. Questionner ce qui fait apparition et apparence, où l’image s’incarne et qui permet au regard de se former. »
 

Et après le vernissage:

Le 23 avril 2016, The Window organise une journée de Workshops dans la rue Gustave Goublier.

Au programme :

14h30-15h30 : "Chante moi un mouton".
Workshop de patchwork sonore : Capations et creations sonores avec les participants autour du thème des cris d'animaux. Atelier assuré par Nicolas Gimbert ( artiste sonore) pour les enfants de 6 à 11 ans.

A partir de 15h30 : Atelier Cocktails avec Yemanja au 0/Gustave activitée pour parents et enfants.

16h-17h : "Petites histoires de manipulations par l’image".
Workshop décryptage d’images : Amenez vos documents ou venez simplement découvrir la lecture d’image, l’analyse des médias visuels, à travers des images qui forment notre regard sur le monde (cinéma, publicité, information...)
Atelier participatif d'initiation ouvert à tous (à partir de 10 ans), par Joris Guibert (artiste vidéaste / enseignant cinéma)

Pour informations et inscriptions : info@thewindowparis.fr

Prix libres.

23/03/2016

MARCEL HANOUN'S SEASONS / LES SAISONS DE MARCEL HANOUN


 RE:VOIR est heureux de vous présenter son nouveau coffret des Saisons de Marcel Hanoun, une tétralogie réalisée entre 1968 et 1972. Elle est composée de L'Été, L'Hiver, Le Printemps puis L'Automne.
Chacun des films de Marcel Hanoun est une invitation au voyage qui s’adres­se au voyageur, et non au touriste. En effet il n’est pas question ici d’un voyage or­ganisé et aseptisé, pour qui souhaite être diverti dans le confort, en minimisant les « mauvaises » surprises. En chaque film Hanoun fait appel au spectateur aventurier qui est en nous pour un périple sinueux et extatique dans les méandres de la pensée réflexive, créatrice et poétique.

 L'Été, premier volet de cette série - cette dernière considérée d'ailleurs davantage comme l'accomplissement heureux d'un désir "névrotique" qu'une œuvre véritablement prévue à l'avance - a été réalisé en 1968 (64 minutes). Il ne manque donc pas de traiter des événements de cette année. Marcel Hanoun considère qu'il est " le film le plus violent qui ait été fait à partir des événements de mai." Il dit que c’est un film "qui a irrité beaucoup de gens parce que, sous une apparence de calme, il est extrêmement violent, mais d’une violence retenue, et si ces gens sont tellement irrités, c’est qu'ils sont profondément atteints ". L'Été, narrant en noir et blanc l'histoire d'une femme reculée dans une maison de campagne pour la saison, débute par cette phrase énoncée : "Ceux qui ne font la révolution qu'à moitié ne font que se creuser une tombe". Le récit n'évolue pas, le personnage ne se développe pas, le rythme, ponctué de romans photographiques, est calme et pourtant le jeu des détails nous semble devenir d'autant plus riche : ces moments marqués par la banalité pure permettent finalement au véritable sujet du film de couler par les interstices du récit... la confrontation entre désir et réalité. Y est cité un des slogans des événements de 1968 : "Déboutonnez votre cerveau aussi souvent que votre braguette". Hanoun amorce déjà la monstration de sa totale confiance en la "sensibilité" du spectateur, et tente, à mesure qu'il s'éloigne d'une compréhension basée uniquement sur l'intellect, de l'en rapprocher.

L'Hiver est donc le deuxième volet de la tétralogie de Marcel Hanoun, réalisé en 1969 (78 minutes). Il y s'agit d’un cinéaste qui entreprend un documentaire sur la ville de Bruges et qui éprouve à Bruges le désir de faire un long métrage de fiction. L'Hiver parle avant tout de Cinéma, mais peut également être vu comme un véritable poème d’amour à l’égard d’une ville, traitant de la recherche d’une femme et la réflexion d’un cinéaste sur son art... sur l’Art en général. Sur le réel et l’imaginaire. Le noir et blanc et la couleur. Catherine Binet, qui a participé au montage en parle en disant : " L’Hiver me fait penser à quelqu’un qui ferait la toupie à toute allure dans une pièce et qui verrait des tas de miroirs ou­vrant sur des tas de fenêtres, des jardins, des musées. La personne verrait défiler tout çà à toute allure et verrait, quand elle s’arrêterait, dans quelque miroir que ce soit, son image. On est enfermé dans L’Hiver ". Marcel Hanoun nous prouve encore que nous créons notre propre hermétisme, et qu'il s'agit dans cette œuvre de le déconstruire, d'aller au delà.

Le Printemps a été réalisé en 1970. C’est l’histoire d’un homme qui est poursuivi, qui fuit à travers la campagne, les forêts. Il a commis une faute, on ne sait pas laquelle. Par­allèlement, en contre-point, il y a l’histoire d’une petite fille qui vit à la campagne chez sa grand-mère. Histoire œdipienne, tableaux vivants de plans qui nous plongent dans de véritables Veermer, ou des Le Nain (ou des Balthus ?). Hanoun passe ici son temps à "éloigner son film de la lit­térature romanesque et à le rapprocher de la peinture et de la musique" (Dominique Nogez). Le Printemps, illustrant un Michael Lonsdale proche d'une image christique, est une boucle sur lui-même, une boucle sur le sens de la simplicité paysanne et de la merveille qu’est un geste, un visage, un parler enraciné dans le terreau d’une tradition non-urbaine, illuminé par la lumière naturelle, vive et directe d’une sai­son. Une merveille esthétique.

L'Automne, enfin, est un film technique, immobile, faussement immobile, sur le montage. Réalisé en 1972, il met en scène Michael Lonsdale comme réalisateur et l'actrice Tamia comme son assistante. C'est pendant 75 minutes qu'ils vont monter leur film devant nous, dans une dialectique infinie du regardant, regardé, film filmant, film filmé, dans un hommage continu à L'Homme à la caméra de Vertov. "Nous sommes dans une situation de contrainte, celle d’être face à un écran où l’on voit deux personnages eux-mêmes face à un écran et ce, durant tout le film. Mais cet écran, qu’ils regardent tout en parlant de musique, de peinture, de cinéma et d’amour, c’est nous. Tout cela nous renvoie à notre conscience pour qu’alors puisse s’exercer notre responsabi­lité d’être libres." (Dominique Nogez). Notre liberté, nous l'avons compris, est ce pouvoir que nous possédons, oublions, et que Marcel Hanoun sans cesse nous rappelle.
L'Automne a reçu le prix special du jury à Dinard, en 1972, et fut, la même année, déclaré vainqueur du challenge international des cinémas d’art et d’essai, rendant à Hanoun l'estime qu'il mérite.


Avec tout autant de pertinence que l'ensemble de son œuvre, L'Automne nous rappelle, par la voix de Tamia, que « Le cinéma a des dimensions que nous ne connaissons pas encore, qui nous deviendront aussi familières que nous sont familières les étrangetés de notre monde quand nous savons les voir ». Ce mystère, cette surprise, est un état que le spectateur doit accepter pour se perdre et mieux se retrouver dans ces magnifiques quatres Saisons.

Coffret maintenant disponible en DVD !


L'Été, 1968, 35mm noir et blanc, 64 minutes, avec Graziella Buci et Pierre-Henri Deleau.
L'Hiver,  1969, 35mm noir et blanc et couleur, 78 minutes, avec Tiziana Siffi, Michael Lonsdale, Christian Barbier, Frédéric Latin et Maurice Poullenot.
Le Printemps, 1970, 35mm noir et blanc et couleur, 78 minutes, avec Michael Lonsdale, Raymonde Godeau, Véronique Andriès, Catherine Binet et Anne-Marie Ramier.
L'Automne, 1972, 16mm noir et blanc et couleur, 75 minutes, avec Michael Lonsdale et Tamia.