15/12/2017

Ne me touche pas ! À propos de Marie pour mémoire, Les Enfants désaccordés et Actua I

« NOUS FAISONS LA RÉVOLUTION
A NOS MOMENTS PERDUS »

Groupe Lettriste, '' La Nuit du Cinéma '', Tract-Affiche, 13 octobre 1952



Quatre films de Philippe Garrel ont été édités par Re:Voir à ce jour : Le Révélateur (1968, édité en 2001), Le Lit de la Vierge (1969, édité en 2006), ainsi que Les Hautes solitudes (1974, édité en 2014). Nous sommes heureux de vous faire part de notre dernière édition et nouveau combo DVD-Blu-Ray, avec deux inédits : Marie pour mémoire (1967, inédit), accompagné des Enfants désaccordés (1964) et Actua I (1968, inédit), projetés en octobre 2017 au Ciné 104 (Pantin) en collaboration avec Côté Court.
Marie pour mémoire est le premier long-métrage de fiction du cinéaste. On y retrouvera la famille Garrel (le fils, le frère et le père), ainsi que Michel Fournier, son chef opérateur sur Le Lit de la Vierge. Il obtient le Grand Prix au Festival du Jeune Cinéma (plus connu sous le nom de Festival d'Hyères) en avril 1968, recevant tant l'affection de Michel Simon que les huées du public. Une seconde projection a lieu le 5 avril 1969 à la Cinémathèque Française, avant sa sortie nationale le 3 mars 1972. Après ça, c'est la disparition du film des écrans, il ne sera projeté à nouveau qu'à l'Anthology Film Archives, de juillet à décembre 2000. S'enchaîne alors des programmations au Facets Multi-Media (Chicago, octobre 2000), à l'Harvard Film Archive (Cambridge, de mai à juin 2001). Il sera également projeté dans le cadre de l'historique rétrospective « Jeune, dure et pure ! Une histoire du cinéma d'avant-garde et expérimental en France » (Cinémathèque Française, 2001, programmée par Nicole Brenez et Christian Lebrat), ainsi que dans le cycle du Centre Pompidou « Les années pop : cinéma et culture pop » (juin 2001).
Les Enfants désaccordés est le premier court-métrage du cinéaste, réalisé à 16 ans et en 3 jours avec les chutes de pellicules d'un sketch de Claude Berri (Baisers de 16 ans, segment du film à sketches Les Baisers), sur lequel il était stagiaire. Mais c'est avec Actua I que votre soif d'objet filmique rare sera la plus étanchée. Il s'agit d'un film d'actualité révolutionnaire – subventionné par Jean-Luc Godard – sur le mois des barricades de 68. Il fut recherché durant 47 ans, pour être finalement retrouvé dans les archives films de JLG.
Bien que ces trois films soient très différents, ils semblent mystérieusement cousus avec les mêmes fils. Ce n'est sûrement pas insignifiant que la rétrospective de Séoul (Philippe Garrel – A Dazzling Despair ; 25 novembre 2015 – 28 février 2016, MMCA Film and Video – Open Cinema, Corée du Sud) se soit ouverte sur Actua I et conclue avec Les Enfants désaccordés et Marie pour mémoire... Tentons de défaire ensemble cette couture invisible.

Marie pour mémoire

Les Enfants désaccordés est loin d'être un court-métrage anecdotique, ou encore mineur, dans sa filmographie. Comme le pointe très justement Nanako Tsukidate 1, les thématiques abordées par ce court, ainsi que les mécanismes inconscients amenant aux choix de ces thèmes, se retrouvent dans L'Enfant secret (1982), mais également dans Les Amants réguliers (2005). Un motif alors apparaît, c'est celui du suicide. Celui traversant une génération (les révolté·e·s et autres dandys de 68) et ces individus, singularités qui s'éparpillèrent au fil des années. Ce motif, c'est celui d'un suicide de rêveurs et rêveuses, qui se perdent dans les rêves. On se rend compte que cela s'applique tout autant au Marie pour mémoire. Loin du cliché que l'on pourrait immédiatement avoir d'un cinéma dit underground, les films de Philippe Garrel étaient le reflet, disons le miroir, d'une génération. Avant Nico, il y a eu Zouzou : « Chaque génération a sa fille mascotte et au début des années soixante c'était Zouzou » 2. Ce qui se passait à l'écran, c'était également ce qui se passait dans la vie intérieure de nombreux cinéphiles. On peut alors lire le Manifeste pour un cinéma violent 3, et se rendre compte de la déjà grande maturité d'esprit de Philippe Garrel.

« Le spectateur est assimilé de gré ou de force par l'auteur qui le conduit dans un rêve éveillé dépassant les traumatismes individuels biographiques pour cerner sa condition. L'identification cessent en même temps que cesse la projection, le spectateur sortant du mirage se voit obligé de se redéfinir. S'ensuivront, ou non, des modifications de comportement comme à la sortie du rêve. Ce qui nous rappelle que la pensée est axiale, contagieuse et évolutive. Selon cet idéal, le cinéma constitue un nouveau mode de communication par viol de la personnalité, - la plus développée des communications à sens unique. Ainsi soit dit. ».

Les énergies de vie et de mort dépassent les frontières poreuses des diégétismes.


Une des logiques éditoriales est de publier des œuvres ayant un thème, un style, une époque : en un mot une essence commune. Il n'en est rien ici, du moins pas tout à fait. Bien que les trois films soient de la même période – celle de l'adolescence des années 68 – ils n'ont strictement rien à voir dans leurs orientations, '' axiologies '' dirait le Garrel post-adolescent. Marie pour mémoire est un des films au plus loin de la vie intime du cinéaste, préférant le théâtre de la folie au geste autobiographique. Les Enfants désaccordés est directement et inconsciemment inspiré par les disputes familiales et la figure paternelle. Enfin, Actua I est un de ces films véritablement militant, d'une jeunesse révoltée, à l'instar de La Révolution n'est qu'un début : continuons le combat de Pierre Clémenti, ou des Cinétracts de JLG.
Une effervescence que l'on retrouvera durant les Nuits Debout et autres fièvres émeutières, avec par exemple les ciné-tracts de Paris 8-Vincennes, Schismes de Yann Beauvais (2014), On ne sait jamais ce qu'on filme de Matthieu Bareyre et Thibaut Dufait (2016). Ou encore le plus ancien Outrage et Rébellion (2009), commandité par Nicole Brenez et Nathalie Hubert, film collectif dans lequel Philippe Garrel signa La séquence Armand Gatti.
Marie pour mémoire, à la différence de ces derniers (analyse foucaldienne des images de la répression, individualité collective dépassées par des temporalités d'exclusions et de répressions, reprises nostalgiques d'une forme militante historicisée), et bien que l'incroyable séquence finale, celle d'une répétition par la négative d'un discours, puisse amener à penser le contraire, Marie pour mémoire est le lieu d'une construction. Reste à ressentir le mouvement des âmes qu'il propose.

Au delà de la réflexion, ces films, et avec eux, main-tenant, un bout de cinéma, contiennent une énergie expressive et pathétique proche et pourtant lointaine. Alors, la faute à qui ? À l'histoire officielle du cinéma ? Aux mots ?... Words words words, parfois il ne reste qu'eux. Il ne reste qu'eux face à l'assourdissement des grenades '' de désencerclement '', que ces slogans hurlés et ces graffitis dont la noirceur réapparaîtra toujours après la blancheur des lacrymogènes. Des mots, aussi variés que les composantes singulières du débordement (et de ses manifestations), entre ironie cynique et rage vengeresse. Des mots, ceux qui concluent Actua I : « La respiration se passe désormais de visa de censure ».
Des mots pour oublier, avec Raphaël et Christiane, les désaccordés. Ceux qu'ils récitent, ceux qu'il écoute au lieu de l'écouter elle, ceux qui parlent d'eux : enfants perdus de la société. Des mots pour des oubliés, qui découvrent les chutes du temps, tel le Garrel monteur : le temps et son inertie, ses temporalités différantes, sa coupe brutale. La finitude et l'extinction. L'inquiétude des pertes à venir. Un film tout sauf infantile.

Les Enfants désaccordés


Des mots pour se confondre. « Marie, c'est aussi possiblement Marie de Magdala, confusion onomastique qui ne pouvait que plaire à un cinéaste travaillé par la révélation des êtres et la présence des corps, et qui trouva dans les topos christologiques autre chose qu'un simple répertoire iconographique, une réserve inépuisable, de formules (in)visibles et (in)dicibles où corps souffrant et parole pathique échangent leur substance. » 4. C'est-à-dire une figurabilité de la difficulté souffrante à habiter le monde. Car Marie pour mémoire, c'est l'image d'une jeunesse qui rêve tandis que le monde s'écroule autour. Mais, à la différence des maoïstes et autres révolutionnaires de mai 68, ce n'est pas une jeunesse qui rêve d'utopie, d'un futur meilleur et politiquement/idéologiquement plus accordé avec les lectures et opinions de cette dite et autoproclamée jeunesse. Non, elle rêve de son passé, de ce qui est déjà perdu, dans une attitude mélancolique rare pour un si jeune âge, puisque maîtrisée avec l'élégance et la sagesse de ceux qui ont assez vécu pour oublier.

Assez oublié pour revivre d'enfance, l'enfance s'enfante incessamment

Actua I



Anathèmes sous forme de renvoi

  • Noli me tangere, Fra Angelico (1440-1441)
Quand l'impudence rencontre l'iconographie christique. Celle de l'incarnation retrouvée, d'une présente apparition au monde. En (un) geste, les vies se défont en refonte : attraction et répulsion, étance dans le vide entre et dans les corps. Mon enfant ! Mon enfant ! Mon enfant ! … cri Marie de son '' impossible maternité '' 5. Refus d'une trop directe communication, lorsque Gabriel/Jésus-bis/Philippe chasse de l'église en ruine le filmeur-voyeur de la magnifique scène muette et dansée.


Jonas Mekas déchire sans raison ce qui ce révèle être les chéquiers de son entreprise. '' Pourquoi vous les avez déchirés ? '', demande Gideon (la conversation débute en allemand). Jonas, ne pouvant plus contenir le sérieux et la gravité de son précédent geste, laisse échapper un sourire du coin des lèvres et frétille sur sa chaise en se frottant les genoux, comme ces enfants qui viennent de commettre une bêtise, mais avec la fierté et le désir de ne pas se justifier. '' Je proteste '' / '' Protester contre quoi ? '' / '' Je proteste contre les protestations... Je ne proteste pas ''. Il assène à nouveau cette sentence, en français, puis en anglais. '' Je ne proteste jamais. Le cinéma underground ne proteste pas. Le cinéma underground crée quelque chose de nouveau. Construis, nous construisons […] Nous ne détruisons pas. Nous construisons... la vie... l'humanité... un peu ''.





DVD/Blu-ray en vente ici 



1. Nanako Tsukidate ; '' Expressions primitives : Notes sur l’œuvre de jeunesse de Philippe Garrel '', in. livret de l'édition DVD/Blu-ray Marie pour mémoire.
2Entretien de Sally Shafto avec Gérard Fromanger Zanzibar - Les films Zanzibar et les dandys de mai 1968, Paris, 15 sept. 1999, p.167.
3. Philippe Garrel ; '' Quatre manifestes pour un cinéma violent '' (1968), in. Zanzibar - Les films Zanzibar et les dandys de mai 1968, Sally Shafto, Paris, 15 sept. 1999, p.67-69.
4. Emeric de Lastens ; '' Cinéaste à (pas même) 20 ans '', in. livret de l'édition DVD/BLu-ray Marie pour mémoire.
5. Emeric de Lastens, idem4.




Rédaction : François Moreau

27/11/2017

À propos d'Anticipation of the night : Du mythe de la sensation visuelle pure - et de son accomplissement

« … follow the spontaneous impulses of his own eyes. »
Scott Hammen, '' Cornell's Eyes ''



Prolégomènes

Stan Brakhage et ses œuvres, mais aussi le personnage artiste, parolier et écrivain, furent beaucoup admirés et gagnèrent ainsi leur renommée pour, dit-on, un univers visuel évoluant au-delà des mots si ce n'est du langage même.
P. Adams Sitney catégorise les films du cinéaste comme lyriques. Films effectuant un glissement de la perspective linéaire héritée des Lumière à la spatialité plane de l’Expressionnisme abstrait. Films sans autre force psychologique et trame narrative que celle de l’œil derrière la caméra. Plus encore, films emplis de sensations pures, c'est-à-dire avec comme horizon iconographique et accomplissement visuel de retranscrire sur le support-pellicule la vision enfantine du monde. Des vues d'avant le Verbe, un imaginaire et imaginarium qui ne seraient pas encore contaminés par les mots et le langage, et donc par la perception culturalisée de l'adulte, et corrélativement celle normée et totalitaire de la civilisation. Le cinéaste lui-même l'écrit, dans son fameux Metaphors on Vision (1963) : un enfant face à la couleur dénommée '' verte '', ne voit qu'une couleur. Ou alors, qu'une '' couleur '' ? …
On peut se rendre aisément compte de la limite d'une telle réflexion, malgré son lyrisme et sa virulence tant esthétique de politique. Ce discours, c'est celui du clivage depuis longtemps ressassé entre la perception érudite et culturelle d'un côté (donc indubitablement carcérale pour l'Art) et le sensualisme pure, dé-culturalisé, celles des artistes de génie sublimant de l’archaïque et du primitif sur leurs rectangles blancs. Cette limite, c'est celle du discours, de la langue que je parle, des mots que j'utilise à ce moment présent.


La culture francophone est friande de tels personnages. Certainement une trace d'anciens idéaux romantiques que les spectateurs assidus et critiques d'art projettent dans certaines œuvres. Et pourtant, que faire des motivations de l'artiste ? Des motivations inconscientes. On découvrira dans le livret bilingue du combo DVD/Blu-ray les touchants passages où Brakhage parle de son suicide anticipé, acte manqué qu'il réalisa au travers d'Anticipation of the night.


Mais revenons à ce mythe de la sensation pure, pure sensation visuelle (ou sensualisme purement visuel, pur visuel sensible, sait-on encore). Revenons, et introduisons dans le discours sur Anticipation of the night une certaine rigueur scientifique, pour tenter de se détacher du lyrisme. « La sensation pure n'existe pas parce que l'objet pur n'existe pas, ce serait une forme isolée, immobile et unique dans un espace homogène sans fond. » 1 A priori à mille lieux des films du cinéaste, toujours fuyant, multiples-en-un, évoluant dans une mélodie visuelle incroyable, qu'ils soient réalisés à partir de prises de vues réelles ou alors peints sur pellicule.
Continuons. La sensation est une perception, c'est-à-dire « un phénomène ouvert, individuel et aléatoire. ». 2  Ce qui revient à affirmer que, tout comme les objets, la sensation en soi n'existe pas. La sensation pure n'est pas perceptible. Admettre l'appréhension neurologique d'une sensation pure reviendrait à admettre une transcendance, c'est qui est contradictoire avec les présupposés téléologico-philosophiques de la sensation pure : l'immanence.
Neurologiquement, une sensation pure, c'est-à-dire une vision entièrement, absolument et indéfectiblement neuve pour le corps qui la reçoit, serait bien loin des attentes du sensualisme pure (du lyrisme) : l'incroyable, l'inexplicable, le non discursif, ce qui ne renvoie à rien et qui pourtant se trouve là, en face de moi. Une sensation pure, ce serait un influx électrique dans la matière du cerveau ne correspondant à rien qui n'ait jamais été touché par aucun signal nerveux, de proche en lointain. Une zone vierge de notre esprit, n'activant donc aucun affect, aucune mémoire ni souvenir.

Comment alors dire cet attrait du retour aux images de la petite enfance ?


Candide description

Les images sont silencieuses. C'est alors que, doucement, lorsque l'esprit est enfin prêt à accueillir la prosodie de l'écran, une mélodie du temps et de l'espace se forme face à nos yeux. Les images dansent dans un syncrétisme et une synesthésie rarement inégalée, si ce n'est encore jamais.
Les images nous touchent, nous pénètrent du regard. Et pourtant, jamais on ne se sent épié, mis sous tutelle, pris dans un panopticon filmique. C'est même agréable, enivrant, sécurisant. On s'assimile à ce qui bouge, jusqu'à ce que cela bouge dans notre rétine … derrière nos paupières … film-corps, chaire-pellicule, corps-cinéma.

Anticipation of the night, c'est l'établissement historique d'un montage réglé et réflexif des puissances chaotiques du cinétisme. Cinétisme intrinsèque à cette belle idée de cinéma, mais qui le précède et le porte en gestation depuis que les ombres et hombres ont porté la lumière et saisi la ligne. Cinéma, de la sainte immobilité du photogramme aux fusions déchaînées des émulsions. Brakhage mont(r)e ses images, les maintient en vie autant qu'il les suture. Un montage effroyablement lucide des puissances figurales des corps d'ombres, lueurs volatiles et abstractions chromatiques. Lucidité et acuité du détail face aux abstractions figuratives. Pointes de flous et nappe de nettetés. Sens et rigueur de la rythmique anarchique de ce mystérieux lieu : la nuit et son peuple de lumière obscure.
Rarement un cinéaste a su montrer avec autant d'exactitude ce que cela fait au corps d'être dans la nuit, de marcher avec elle, de voir au travers d'elle : d'être nuit, d'habiter son corps. Anticipation of the night est une plongée dans la nuit, autant qu'une prescience de son imminente arrivée.


C'est un film au delà des apparences, ces pures apparences supplantées par d'odieuses idées de catégorisation et division. Les vies du monde : végétaux, éléments, luminosité, obscurité, objets et corps semblent être unies dans un même et perpétuel mouvement au sein d'un incommensurable réseau d'énergies formelles, chromatiques, lumineuses, musculaires.
C'est l’innommable épopée de la vivacité des forces collectives anarchisantes qui parcourent le monde, au sein de laquelle un homme-ombre oscille à sa survivance, toujours se rapprochant de l'impossible suicide.


Comment tuer une image avant qu'elle me prenne ?
« Les noms des colles vaudront, pour moi, plus que des centaines de mots d'esthétique. » 3


Anticipation of the night. Ça ne cesse jamais de renvoyer à son support même. Et pourtant, c'est comme si nous découvrions pour la première fois ce que recèle véritablement le cinéma.
Anticpation of the night. Autant qu'une ultime expiration, est une précieuse image tendue, implosant dans la tension de ce qu'elle arrive miraculeusement à contenir. Et une première inspiration, l'immédiat d'après la gestation.




Ça aurait dû, c'est ainsi

« That was in one sense to be my last film [...] ». Il avait bel et bien raison, puisqu'on se demande encore, à l'instar d'un Meshes of the Afternoon, comment une telle œuvre a-t-elle pu naître de sitôt. Anticipation of the night reste un exploit inégalable, un film qui nous regarde et nous saisit avec une profonde vigueur. Celle que possèdent ces films mystérieux, hors du temps, qui viennent nous hanter de fond des rêves, à jamais présents derrière nos paupières closes.

Ça aurait dû être son dernier film, mais il le fallait au plus vite. Il le fallait pour exhumer quelque chose de profond ... sourdement clignotant du fond du soi ... un désir inexplicable de mort et de vie.

Plus d'un demi-siècle après, ce désir est toujours à l’œuvrage.




  1. Philippe Meyer, L’œil et le cerveau, p.104, Odile Jacob, 1997, Paris
  2. Idem., p.112
  3. Stan Brakhage, cit. in. '' Le don de Brakhage (Hommage) '', LEBRAT Christian, Les Cahiers de Paris Expérimental n°14, p.24

Rédaction : François Moreau

17/10/2017

Sortie du DVD Raphaël Bassan, le critique filmeur





À l’occasion de la sortie, chez Re :Voir, du DVD Raphaël Bassan, le critique filmeur, le cinéma 104 et Côté court (situé au 104 Avenue Jean Lolive, 93500 Pantin, métro Église de Pantin) donnent une carte blanche à Raphaël Bassan, le 26 octobre à 18 heures :
http://www.cotecourt.org/seances_ponctuelles

  


Cette soirée sera l’occasion d’une signature du DVD par l’auteur.
Par ailleurs, Côté court offre aussi une carte blanche numérique à l’auteur avec certains des films qu’il a chroniqués dans le livret de son DVD :
http://www.cotecourt.org/seances_numeriques/

DVD en vente au siège de Re:Voir au prix de 14, 90 euros TTC : http://re-voir.com/shop/fr/raphael-bassan/864-le-critique-filmeur.html


Raphaël Bassan est critique, programmateur et historien du cinéma depuis 1970. Il a réalisé trois courts métrages de 1969 à 2004 et a été, en 1971, un des fondateurs du Collectif Jeune Cinéma, première coopérative de diffusion du cinéma expérimental en France.

Il a collaboré avec de nombreuses revues spécialisées dans le 7ème art des années 1970 aux années 1990 et collabore, actuellement, à Bref, le magazine du court métrage, à l'Encyclopædia Universalis et à la revue littéraire mensuelle Europe. Raphaël Bassan, le critique filmeur réunit les trois films qu'il a réalisés : Lucy en miroir (2004), Prétextes (1971), Le Départ d'Eurydice (1969). 


122 min - n&b/couleurs - français
Livret bilingue français/anglais, de 44 pages. Textes de Julie Savelli et Raphaël Bassan
Bonus, films de : Michel Amarger, Frédérique Devaux, Viviane Vagh