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17/06/2019
Projection au cinéma de l'Archipel le 9 juillet dédiée à Philippe Garrel
FUTUR ANTÉRIEUR est un nouveau cycle de rencontres proposé au Cinéma L'Archipel. Tous les deux mois, des films du cinéma dit "expérimental" seront diffusés en présence de leurs auteurs ou de spécialistes.
En lien avec le travail d'édition de Re:Voir, ces séances seront conçues chacune sur mesure pour les œuvres et leurs auteurs.
Cette cinquième et dernière séance est consacrée à l'artiste Philippe Garrel.
En présence de Balthazar Clémenti
PROGRAMME :
🔘 "La Cicatrice intérieure" de Philippe Garrel, 60', 1972
avec : Nico, Philippe Garrel, Pierre Clementi, Christian Päffgen, Daniel Pommereulle, Balthazar Clémenti, Jean-Pierre Kalfon
"En 1972, Nico chante et hurle dans le désert du Nouveau-Mexique, dans des plaines enneigées d’Islande, dans des paysages calcinés d’Egypte. Philippe Garrel tourne "La Cicatrice intérieure", film-trip ultime dans les territoires les plus désolés du monde. Retour sur une œuvre-clé, dont on entend l’écho jusque chez Gus Van Sant ("Gerry") et Vincent Gallo ("The Brown Bunny"), et sur une histoire d’amour mythique entre un cinéaste surdoué et sa fantomatique icône." Les Inrockuptibles
🔘 "Positano" de Pierre Clémenti, 28', 1969
avec : Tina Aumont, Pierre Clémenti, Philippe Garrel, Valérie Lagrange, Nico
Positano est une île de la côte amalfitaine que Neptune aurait, selon la légende, créé par amour d’une nymphe. Et c’est bien d’amour que ce film parle avant tout, un amour total et solaire dans lequel la famille et les amis sont saisis dans un même champ poétique. Juchée sur les rochers de l’île, la maison de Frédéric Pardo et Tina Aumont est devenue en 1968 un lieu de rencontres pour la communauté underground. Pierre Clémenti y séjourne quelques temps et y tourne des images d’une sensualité éblouissante.
TARIFS :
8€ / 6,50€ tarif réduit. Cartes UGC illimité et CIP acceptées
SORTIE DU DVD "La Cicatrice intérieure" le mercredi 10 juillet 2019 chez Re:Voir
Disponible en VOD ici
22/03/2019
Joost Rekveld, une compréhension intime et poétique du monde technologique
Motivé par la question de savoir ce qu'on peut apprendre d'un dialogue avec les machines, Joost Rekveld explore dans son travail les conséquences sensorielles des systèmes de sa propre conception qui combinent dogmes temporaires sous forme de procédures ou de codes avec des éléments plus ouverts tels que des réseaux d'interactions. Dans leur sensualité, ses films tentent d’atteindre une compréhension intime et incarnée de notre monde technologique.
Aujourd'hui les éditions RE:VOIR présentent 11 Films, un DVD Blu-ray regroupant onze films ainsi que deux films bonus qui s'inscrivent dans la longue histoire de l'optique et de la perspective pour s'établir comme une véritable musique visuelle. Cette approche radicalement inventive de la forme et du mouvement font de l'oeuvre de Joost Rekveld une expansion diverse marquée par une grande rigueur formelle et d'une poésie visuelle et auditive riche et expressive.
Ses films abstraits ont été présentés dans le monde entier dans un grand nombre de festivals et de lieux de tournage de films expérimentaux, d’animations ou d’autres types d’images en mouvement. Il avait des rétrospectives au Barbican de Londres et au festival du film d'Ann Arbor, entre autres. En 2017, il était cinéaste à la une du Festival international du film de Rotterdam. Des films individuels ont été projetés dans des centaines de lieux, dont l'ICA et la Tate Modern à Londres, le Centre Pompidou à Paris et le Moderna Museet à Stockholm. Son film «# 11, Marey <-> Moire» a été le premier film néerlandais à être présenté au Festival de Sundance.
DVD disponible ici
27/11/2017
À propos d'Anticipation of the night : Du mythe de la sensation visuelle pure - et de son accomplissement
« … follow the
spontaneous impulses of his own eyes. »
Scott Hammen, ''
Cornell's Eyes ''
Prolégomènes
Stan
Brakhage et ses œuvres, mais aussi le personnage artiste, parolier
et écrivain, furent beaucoup admirés et gagnèrent ainsi leur renommée pour, dit-on, un univers visuel évoluant au-delà des
mots si ce n'est du langage même.
P.
Adams Sitney catégorise les films du cinéaste comme lyriques. Films effectuant un glissement
de la perspective linéaire héritée des Lumière à la spatialité
plane de l’Expressionnisme abstrait. Films sans autre force
psychologique et trame narrative que celle de l’œil derrière la
caméra. Plus encore, films emplis de sensations pures,
c'est-à-dire avec comme horizon iconographique et accomplissement
visuel de retranscrire sur le support-pellicule la vision enfantine
du monde. Des vues d'avant le Verbe, un imaginaire et imaginarium
qui ne seraient pas encore contaminés par les mots et le langage, et
donc par la perception culturalisée de l'adulte, et corrélativement celle normée et totalitaire de la civilisation. Le cinéaste lui-même
l'écrit, dans son fameux Metaphors on Vision (1963) :
un enfant face à la couleur dénommée '' verte '', ne voit
qu'une couleur. Ou
alors, qu'une '' couleur '' ? …
On
peut se rendre aisément compte de la limite d'une telle réflexion,
malgré son lyrisme et sa virulence tant esthétique de politique. Ce
discours, c'est celui du clivage depuis longtemps ressassé entre la
perception érudite et culturelle d'un côté (donc indubitablement
carcérale pour l'Art) et le sensualisme pure, dé-culturalisé,
celles des artistes de génie sublimant de l’archaïque et du primitif sur leurs rectangles blancs. Cette limite, c'est celle du
discours, de la langue que je parle, des mots que j'utilise à ce
moment présent.
…
La
culture francophone est friande de tels personnages. Certainement une
trace d'anciens idéaux romantiques que les spectateurs assidus et
critiques d'art projettent dans certaines œuvres. Et
pourtant, que faire des motivations de l'artiste ?
Des motivations inconscientes. On découvrira dans le livret bilingue
du combo DVD/Blu-ray les touchants passages où Brakhage parle de son
suicide anticipé,
acte manqué qu'il réalisa au travers d'Anticipation of
the night.
…
Mais
revenons à ce mythe de la sensation pure, pure sensation visuelle (ou
sensualisme purement visuel, pur visuel sensible, sait-on encore).
Revenons, et introduisons dans le discours sur Anticipation
of the night une certaine
rigueur scientifique, pour tenter de se détacher du lyrisme.
« La
sensation pure n'existe pas parce que l'objet pur n'existe pas, ce
serait une forme isolée, immobile et unique dans un espace homogène
sans fond. » 1 A
priori à
mille lieux des films du cinéaste, toujours fuyant, multiples-en-un,
évoluant dans une mélodie visuelle incroyable, qu'ils soient
réalisés à partir de prises de vues réelles ou alors peints sur
pellicule.
Continuons.
La sensation est
une
perception, c'est-à-dire « un phénomène ouvert, individuel
et aléatoire. ». 2 Ce qui revient à affirmer que, tout comme les objets, la
sensation en soi
n'existe
pas. La sensation pure n'est pas perceptible.
Admettre l'appréhension neurologique d'une sensation pure
reviendrait à admettre une transcendance,
c'est qui est contradictoire avec les présupposés
téléologico-philosophiques de la sensation pure : l'immanence.
Neurologiquement, une sensation pure, c'est-à-dire une vision
entièrement, absolument et indéfectiblement neuve pour le corps qui
la reçoit, serait bien loin des attentes du sensualisme pure (du
lyrisme) : l'incroyable, l'inexplicable, le non
discursif, ce qui ne renvoie à rien et qui pourtant se trouve là,
en face de moi. Une sensation pure, ce serait un influx électrique
dans la matière du cerveau ne correspondant à rien qui n'ait jamais été touché par aucun signal nerveux, de proche en lointain. Une
zone vierge de notre esprit, n'activant donc aucun affect, aucune mémoire ni souvenir.
Comment alors dire
cet attrait du retour aux images de la petite enfance ?
Candide description
Les
images sont silencieuses. C'est alors que, doucement, lorsque
l'esprit est enfin prêt à accueillir la prosodie de l'écran, une
mélodie du temps et de l'espace se forme face à nos yeux. Les
images dansent dans un syncrétisme et une synesthésie rarement
inégalée, si ce n'est encore jamais.
Les
images nous touchent, nous pénètrent du regard. Et pourtant, jamais on
ne se sent épié, mis sous tutelle, pris dans un panopticon
filmique. C'est même agréable, enivrant, sécurisant. On s'assimile
à ce qui bouge, jusqu'à ce que cela bouge dans notre rétine …
derrière nos paupières … film-corps, chaire-pellicule,
corps-cinéma.
Anticipation of the
night, c'est l'établissement
historique d'un montage réglé et réflexif des puissances
chaotiques du cinétisme. Cinétisme intrinsèque à cette belle idée
de cinéma, mais qui
le précède et le porte en gestation depuis que les ombres et
hombres ont porté la
lumière et saisi la ligne. Cinéma,
de la sainte immobilité du photogramme aux fusions déchaînées des
émulsions. Brakhage mont(r)e ses images, les maintient en vie autant
qu'il les suture. Un montage effroyablement lucide des
puissances figurales des corps d'ombres, lueurs volatiles et abstractions chromatiques. Lucidité et acuité du détail face aux
abstractions figuratives. Pointes de flous et nappe de nettetés.
Sens et rigueur de la rythmique anarchique de ce mystérieux lieu :
la nuit et son peuple de lumière obscure.
Rarement
un cinéaste a su montrer avec autant d'exactitude ce que cela fait
au corps d'être dans la nuit,
de marcher avec elle, de voir au travers d'elle : d'être nuit,
d'habiter son corps. Anticipation of the night est
une plongée dans la nuit, autant qu'une prescience de son imminente
arrivée.
C'est
un film au delà des apparences, ces pures apparences supplantées par
d'odieuses idées de catégorisation et division. Les vies du monde :
végétaux, éléments, luminosité, obscurité, objets et corps semblent être unies dans un même et perpétuel mouvement au sein d'un
incommensurable réseau d'énergies formelles, chromatiques,
lumineuses, musculaires.
C'est
l’innommable épopée de la vivacité des forces collectives
anarchisantes qui parcourent le monde, au sein de laquelle un
homme-ombre oscille à sa survivance, toujours se rapprochant de
l'impossible suicide.
…
Comment tuer une image
avant qu'elle me prenne ?
« Les
noms des colles vaudront, pour moi, plus que des centaines de mots
d'esthétique. » 3
…
Anticipation of the
night. Ça ne cesse jamais de
renvoyer à son support même. Et pourtant, c'est comme si nous
découvrions pour la première fois ce que recèle véritablement le
cinéma.
Anticpation
of the night. Autant qu'une
ultime expiration, est une précieuse image tendue,
implosant dans la tension de ce qu'elle arrive miraculeusement à
contenir. Et une première inspiration, l'immédiat d'après la
gestation.
Ça aurait dû, c'est ainsi
« That
was in one sense to be my last film [...] ». Il avait bel et
bien raison, puisqu'on se demande encore, à l'instar d'un Meshes
of the Afternoon, comment une telle œuvre a-t-elle pu naître de sitôt. Anticipation of the night
reste un exploit inégalable, un film qui nous regarde et nous saisit avec une profonde vigueur. Celle que possèdent ces films mystérieux,
hors du temps, qui viennent nous hanter de fond des rêves, à jamais
présents derrière nos paupières closes.
Ça
aurait dû être son dernier film, mais il le fallait au plus vite. Il le fallait pour exhumer quelque chose de profond ... sourdement
clignotant du fond du soi ... un désir inexplicable de mort et de vie.
Plus
d'un demi-siècle après, ce désir est toujours à l’œuvrage.
- Philippe Meyer, L’œil et le cerveau, p.104, Odile Jacob, 1997, Paris
- Idem., p.112
- Stan Brakhage, cit. in. '' Le don de Brakhage (Hommage) '', LEBRAT Christian, Les Cahiers de Paris Expérimental n°14, p.24
Rédaction : François Moreau
22/12/2014
RE:VOIR nouveautés pour 2014-2015. Offre spécial / New relases from RE:VOIR! Special subscription offer.
*English version below*
Une autre année est passée, et nous chez RE: VOIR avons travaillé
dur sur nos nouveautés pour
2014-2015. Nous sommes heureux de célébrer notre 20ème année comme éditeurs et distributeurs de films expérimentaux, et nous sommes ravis de partager ce moment spécial de notre histoire avec un large éventail de nouveaux titres. Cette année, nous sommes fiers de vous présenter des films nouvellement achevés par Stephen Dwoskin
(en collaboration avec House on Fire)
et Pip Chodorov, des classiques inédits de
Philippe Garrel et Marcel Hanoun, une nouvelle collection de films de Christian Lebrat
et rééditions en DVD
de certains titres déjà édités par RE:VOIR, de Jürgen Reble et l'équipe des Cinéxperimentaux
Frédérique Devaux et Michel Armager.
Nous avons également mis à jour notre catalogue et notre boutique en ligne, où vous serez en mesure d'acheter la totalité de nos nouveaux titres.
Nous chérissons le soutien que nos amis et clients nous ont offert au cours de ces 20 dernières années. Votre passion et l'intérêt pour le cinéma expérimental sont ce qui nous pousse à continuer. C’est pourquoi nous offrons à nos précieux clients la chance de posséder l'ensemble de nos nouveautés au prix spécial de € 119 TTC (plus frais de port) pour les 10 DVDs à paraître. Cela représente un peu plus de 50% d'économies. Les titres que vous recevrez dans cet abonnement sont les suivants :
1) Boris Lehman - Mes Entretiens filmés
2) Stephen Dwoskin - Age is ...
3) Philippe Garrel - Les Hautes Solitudes
4) Christian Lebrat - Vibrations
5) Frédérique Devaux et Michel Armager - Cinéxperimentaux 1-4
6) Frédérique Devaux et Michel Armager - Cinéxperimentaux 5: Rose Lowder
7) Pip Chodorov – Free Radicals
8) Marcel Hanoun - L'authentique procès de Carl-Emmanuel Jung
9) Jürgen Reble - Das Goldene Tor
10) Jürgen Reble - Passion
Si vous êtes intéressés par cette offre, écrivez-nous un courriel à info@re-voir.com, ou achetez votre abonnement directement à partir de notre site Web: http://bit.ly/1Cq07tq
Bonnes fêtes de la part de l’équipe de RE:VOIR!
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Bonnes fêtes de la part de l’équipe de RE:VOIR!
Another year is passing and we at RE:VOIR have been hard at work on our new releases for 2014-2015. We are happy to be celebrating our 20th year as editors and distributors of experimental cinema, and we are delighted to share this special time in our history with a diverse array of new titles. This year we are proud to bring you newly completed films by Stephen Dwoskin (in collaboration with House on Fire) and Pip Chodorov, previously unreleased classics by Philippe Garrel and Marcel Hanoun, a new collection of films by Christian Lebrat and DVD reissues of some previous RE:VOIR titles by Jürgen Reble and the Cinéxperimentaux team of Frédérique Devaux and Michel Armager.
We have also been updating our catalog and online boutique, where you will be able to purchase all of our new titles.
We treasure the support that our friends and customers have offered us over these last 20 years. Your passion and interest in experimental cinema is what keeps us going. As a special offer, we are giving our valued customers a chance to own all of our new releases at a special subscription price of 119 euros TTC (plus shipping) for 10 of our new releases. This represents a more than 50% savings. The titles you will receive with a subscription are as follows:
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Happy New Year from RE:VOIR!
17/01/2013
Bart Vegter 9 Abstract Films (1981-2008)
Bart Vegter (1940-2011) was self-taught and derived his primary inspiration from the methods of filmmakers such as Frans Zwartjes and Paul de Mol, and experimental cinema from the 1970s and 1980s. Before starting to shoot abstract films at age forty, Bart Vegter graduated from the Eindhoven University of Technology and worked at the laboratories of Shell and Philips. His oeuvre may be modest in size, but it excels in its eye for detail and craftsmanship. During the early years, he worked with traditional animation techniques. However, his last few films such as Nacht-Licht [Night Light], Space-Modulation and Forest-Views display a more idiosyncratic style attributable to the software he wrote. HORIZONTALEN (Horizontals), 1981, 6 min., b/w, silent
The film is a superimposition of 6 to 8 takes. In each take, a horizontal piece of white paper was moved around in front of the camera by hand.
IN NEED OF SPACE 1982, 5 min., colour
Inspired by Steve Reich’s music, a cube rotates with the same dimensions as the film frame.
DE HEMEL IS VIERKANT (Heaven Is Square 1985, 10 min., colour
Compositions of planes, which originate from cross-sections of a cube, parallel to its three main axes.
FOUR MOVES 1987, 7 min., colour
Cut-out animation consisting of four parts, each of which depicts its own abstract variation on the themes of colour and movement.
NACHT-LICHT (Night Light) 1993, 13 min., colour
The first film Vegter made using image generation software that he wrote himself, consists of three parts, each with its own, formal starting-point. Gradual changes in the position, direction, movement, velocity and colour of the elements become apparent.
SPACE-MODULATION 1994, 1 min., b/w, silent
A black plane with a large number of tiny dots gradually changes from flat to spatial to capture an image which is neither flat nor spatial.
FOREST-VIEWS 1999, 17 min., colour, silent
Abstract film in which the maker processed television fuzz using software thereby creating a new visual language.
ZWERK (Firmament) 2004, 8 min., colour, silent
Self-written software, light-frequencies and mesmerizing abstractions. Silent images which shift between stagnation and continuous movement.
DE TIJD Time) 2008, 9 min., colour, silent
A monochrome flat image changes slowly into a theatrical spectacle in which colour subtly melts and solidifies lines and conical forms.
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